C'est certain, c'est la faute à Pas de Bol.

Publié le par Guillaume Gamain



Qui d'autre que Monsieur Pas de Bol peut être mêlé à l'histoire qui suit ?

Kurt et Johanna Ganthaler est un gentil couple de retraités italiens sans histoires qui passaient quelques jours de détente au Brésil.

Madame s'est réjouie des nombreuses visites culturelles dans les boutiques à souvenirs de la capitale et en a profité pour compléter sa magnifique collection de cartes postales folkloriques.

Pendant ce temps, monsieur l'attendait toujours sagement sur les trottoirs de la même capitale et en profitait pour compléter sa collection de souvenirs visuels de "petits culs bien bombés" sur lesquels il aimait gateusement poser sa main tremblante.

Venu le jour du retour, les pauvres se retrouvent coincés dans les embouteillages à l'arrière d'un taxi nauséabond qui les mène à l'aéroport. Madame s'inquiéte. Elle est de nature anxieuse madame. Monsieur tient sa main transpirante et très ridée. Monsieur est un bon mari malgré ses vices de vieux. Il la rassure. Elle n'aime pas la désorganisation, le foutoir, d'ailleurs c'est elle qui avait organisé à merveille le voyage brésilien, minute par minute.

Les époux Ganthaler arrive enfin à l'aéroport. Il fait très chaud. Johanna s'empresse de sortir du véhicule. Kurt négocie le prix de la course avec le chauffeur. Kurt aime négocier autant que faire des mots croisés. Il trouve cela folklorique. Johanna trébuche dans le caniveau, tombe de tous ses kilos en trop et se foule la cheville.

Tout va très vite. Trop vite. Kurt entend sa femme l'appeler. Il accourt et la soulève avec difficulté. Il a abandonné ses muscles il y a bien longtemps, et la tâche est ardue.

Cet accident leur a fait prendre un peu plus de retard encore. Ils se hâtent vers le comptoir d'enregistrement. Kurt trottine fièrement et Johanna saute à cloche-pieds. Trop tard.

L'embarquement est terminé. Le vol AF 447 se fera sans les époux Ganthaler. Le drame du vol AF 447 se fera sans Kurt et Johanna. 228 morts et 2 miraculés.

Les amoureux ne s'offusquent pas d'avoir raté leur avion. Pas grave. Ils ont encore l'esprit vacancier ces deux-là. Ils prennent simplement un autre vol à destination de Munich, un vol qui, en plus, a le bon goût d'arriver à destination.

Johanna est un peu fatiguée : une cheville qui la fait souffrir, neuf heures de voyage et un film d'action trop violent. Elle souhaite rentrer le plus vite possible en Italie. Et comme le dit l'expression : "Voeu de Johanna, Voeu qui s'exauça". C'est Kurt qui dit ça souvent. Et il dit ça depuis toujours. La première fois, c'était il y a cinquante deux ans à la terrasse d'un café quand il tomba sous le charme de Johanna.

Kurt loue une voiture et prend la route vers Merano, au nord-est de l’Italie. Johanna est heureuse. Elle regarde ses cartes postales du Brésil. Elle sourit. Elle sourit à Kurt. Elle se dit qu'elle l'aime. Elle pose sa main sur la cuisse de Kurt. Leur voiture fait une embardée sur l'autoroute. La voiture multiplie les tonneaux. La voiture s'arrête. Johanna aussi. Johanna s'arrête de vivre. Elle est morte. Kurt est dans un état très grave.

Les amoureux Ganthaler ont été des miraculés seulement quelques heures. La faute à qui ? La faute à Pas de Chance forcément.


Ce texte est une interprétation libre d'un fait réel. POSITIVE présente ses condoléances à la famille.

 


Publié dans actu

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POSITIVE 12/06/2009 17:20

;-)

Alexandre 12/06/2009 17:17

Et un traitement, un!
Allez, on continue.
;-)