J'irai mourir au Ghana.

Publié le par Guillaume Gamain



Un jour, la Mort viendra me taper sur l’épaule pour m’annoncer mon départ définitif. Elle me laissera une semaine exactement pour organiser mon absence et préparer le voyage. C’est une faveur que je lui ai demandée et qu’elle a accepté volontiers. La Mort est beaucoup moins froide qu’on aime à le dire.

Elle a compris mes raisons. Je souhaite aller mourir au Ghana.
Non pas que j’aie des affinités particulières pour ce territoire que je ne connais pas. Non pas que j’aie de la famille proche dans ce lointain pays. Rien de tout ça.

Je veux mourir au Ghana pour ne pas vivre mes prochaines années dans le même cercueil sans originalité que mon voisin.
Je veux mourir au Ghana pour avoir un cercueil qui me ressemble. A l’instar des Ghanéens qui peuvent créer leur cercueil à leur image.


Effectivement, depuis près d’un demi-siècle, la minorité des Ga (tribu ghanéenne) construit des cercueils aux formes originales et significatives. Des formes qui symbolisent généralement ce qui a marqué la vie du défunt ou l’un de ses rêves extraordinaires.

Le premier fut créé par Samuel Kane Kwei, menuisier de métier. C’était un cercueil en forme de baleine, construit à la demande d’un oncle pécheur.

Et ce qui devait être une exception, est devenue une tradition.


Cette « coutume » a donné naissance à toutes les plus jolies folies débordantes de vie : des cercueils ananas, épis de maïs, cacaoyer, chaussure, animal, bouteille, voiture de luxe ou encore église pour quelques chrétiens. Ont été enterrés aussi des cercueils téléphone portable, souris d’ordinateur ou encore lance-roquettes, probablement pour un ghanéen afghan.

Et pour l’anecdote, le gangster de Chicago, Willie the Pimp, s’est à coup sûr inspiré de cette tradition ghanéenne, quand il s’est fait enterré en 1984 en cercueil… Cadillac.



J’irai mourir au Ghana.

Reste à choisir le modèle de cercueil. Les idées me viennent. Elles sont nombreuses. Il n’en faudra qu’une. Entre ventre maternel et montre Franck Müller, mon cœur mort ne pourra plus balancer. Entre ver de terre (pour passer inaperçu) et sarcophage, je ne pourrai plus changer d’avis. A vie.

Publié dans art

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POSITIVE 16/11/2009 12:51


Merci ALice pour ton commentaire.


Alice 16/11/2009 12:02


... à mort! (pour faire suite à la fin de ton article!

J'ai également vu un reportage sur les cercueils ghanéens et je les trouve superbes et le talent de ces artistes est "awsome"!

Merci pour cet article, je recherche justement le site où ils les vendent!