La Genèse de Crumb m'a ouvert les yeux.

Publié le par Guillaume Gamain


Quand le doute s’empare de vous, que vous ne savez plus comment vous vous appelez, que vous ne savez plus quelle paire de boots acheter, n.d.c, Rautureau ou P.Smith, que vous ne savez plus qui croire, que vous ne savez plus quoi boire, que vous vous réveillez dans votre lit avec le sentiment d’être perdu, que vous vous regardez dans un miroir et que vous y voyez quelqu’un de plus vieux que vous,  de moins quelque chose que vous, que vous regardez quelques individus et que vous ne voyez que du vide incarné, que vous vous demandez si bonheur ne rime pas joliment avec bonheur, que vous en arrivez au point de regarder la météo à la télé pour connaître le temps du lendemain, une seule solution s’impose : Revenir aux fondamentaux.

Revenir à l’essentiel, au début de l’histoire, aux origines, à l’origine, à la Genèse. Relativiser. Revenir en arrière pour mieux repartir. Reprendre son élan pour se relancer. Ca en fait des « Re ». Retour à l’article.


Je m’y emploie. Je relis la Genèse des années plus tard (je vous épargnerai ma scolarité à Passy Buzenval, collège catholique et pervers de l’ouest parisien). Je relis la Genèse. La Genèse de Crumb, pape athée de la bd. Je relis et soudain je réalise que tout est écrit depuis le début. Que la Genèse a établi les règles fondamentales de l’histoire de l’humanité.  Merde, je flippe.

Sous les traits de Crumb, l’Homme est dur et sombre, laid et grotesque, physiquement et moralement. En nous livrant les textes originels, Crumb nous montre que les interprétations peuvent être multiples et différentes. Il y a une Genèse mais plusieurs vérités. Mathusalem peut avoir vécu 187 ans et/ou 969 ans. Il en est de même pour Noé. A priori, aucune des deux versions n’est probable. Et alors, qu’est-ce que ça y change petite brebis égarée et ignorante ?

Je relativise. J’essaie de relativiser pour mieux rebondir. Je relativise. Je me force à relativiser.

Pour être entendu, il faut occuper le terrain. Quitte à raconter tout, n’importe quoi et son contraire. Peu importe. Il faut parler, beaucoup parler, trop parler.

 Les politiques, les patrons, untel et untel, les banquiers ne se foutent pas de nous quand ils nous abreuvent de bonnes et belles paroles. Ils y croient. Les pauvres, ils obéissent simplement à une logique de communication initiée par les fondamentaux de leur propre religion.

Pour être entendu, il faut occuper le terrain. Quitte à raconter tout, n’importe quoi et son contraire. Peu importe. Il faut parler, beaucoup parler, trop parler.

J’ai relativisé. La Genèse, c’est le début des emmerdes.


Publié dans art

Commenter cet article

Ripley 04/11/2009 18:29


Le côté obscur parle. C'est bien.