Un texte trouvé dans la poche d'une chemise rouge sang.

Publié le par Guillaume Gamain

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Une journée de plus vient de passer.

22621 en comptant les jours fériés.

Je ne l’ai pas vue. Les autres non plus.

Je cauchemardais au milieu de cadavres bus.

Il est temps de ressusciter mes restes.

Je me bats contre des draps sales et je peste.


Je me lève tant bien que mal, je chancelle.

La terre tourne et ma tête avec elle.

Je suis défoncé et me défonce le crane

En m’écroulant. Au sol, une fleur fane.

C’est jolie cette chemise rouge tachetée.

Probablement que je l’ai achetée ou trouvée.


Aujourd’hui, la cuisine me parait encore plus loin.

Dix mètres me séparent de l’attirant cubis de vin.

A quatre pattes, comme un cleps aux abois,

J’avance, je progresse et j’imagine que je bois.

J’ai dû changer de chemise sur le long chemin.

Elle est plus rouge qu’avant, genre rouge sanguin.


Merde, à force d’être une merde et trainer par terre,

Je viens de saloper mon magnifique tapis berbère.

Je ne vais jamais pouvoir le rattraper. Le sauver.

D’autant que je n’arrive même plus à me lever.

Je pressens qu’une journée de plus va passer.

Et je reste allongé avec mon cadavre ensanglanté.

 

Demain soir, mon fils va passer me voir.

C’est gentil de sa part et même difficile à croire.

Il est passé il y a dix minutes mais n’est pas monté.

Il sera accompagné de pompiers et de policiers.

Je crois que c’est pour mon bien qu’ils viendront.

Je serai incapable de leur ouvrir la porte. Ils la défonceront.


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