Monsieur Seguela me met la pression.

Je n'ai pas posté de nouvel article positif depuis quelques jours et je m' en excuse chers lecteurs. Je ressens soudain le besoin de me justifier auprès de vous et de moi-même.
Jacques Seguela m'a mis la pression en annonçant que si, à cinquante ans, on n'avait pas de Rolex, on avait raté sa vie. Et comment ne pas croire sur parole un publicitaire ?
Depuis cette phrase, je bosse, je taffe, je trime, je vénère le labeur que je hais. Je me consacre à mon occupation la plus rémunératrice. J'oublie mes hobbies. J’enferme ma liberté. Finie la rigolade. A la poubelle, mes lignes culturelles. Je suis en désintox. Je délaisse la création pour la publicité. Le temps passe. J'ai 37 ans. Plus que 13 ans pour m'acheter une montre. C’est à la fois très long et très court pour une montre très chère.
J’avoue. J’ai hésité à tricher et cacher au fond d’un tiroir ma Rolex Oyster Perpetual Air-King reçue en cadeau pour mes 20 ans. Je pourrai la sortir le temps venu et dire à tout le monde : « Hey, regardez ! Regardez-moi ! Non, pardon, regardez plutôt mon poignet ! J’ai une Rolex ! J’ai réussi ma vie ! »
Mais, au fait, j’y pense : cela compte-il quand on ne se l'est pas payée soi-même ? Je suppose que non. Dommage papa, tu ne m'auras pas aidé dans la vie, semble-t-il. Je vais devoir me débrouiller, me poser des questions et croire qu’on peut avoir une Rolex avant 50 ans et espérer ne pas encore avoir réussi sa vie.
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